Et ça continue encore et encore…

J’en suis restée au moment où le petit devenu trop vite grand , laisse une mère éplorée qui n’a pas vu le temps passer.

Cependant, parce qu’ainsi va la vie, elle commence à se faire une raison, elle s’amuse de ses gestes d’échalas dégingandé et pense qu’avec sa floraison de groseilles sur le museau et sa voix de faux ténor qui se serait coincé les choses dans un piège à souris, elle est tranquille pour un bout de temps, il n’est pas près d’emballer et égoïstement, ça la rassure.

Pourtant, un jour, le trésor à sa mère arrive dans la cuisine alors qu’elle est en train d’éplucher des pommes de terre…Il sort de la douche, il est coiffé, il sent bon le gel à  la lavande, il a mis un t-shirt propre et un jean qui n’est pas troué aux genoux. Ses yeux brillent comme s’ils étaient astiqués à la cire d’abeilles, il a un sourire niais aux coins des lèvres.

Maman craint le pire et lâche la patate qu’elle épluche, laquelle tombe sur le sol et roule. Il tire une chaise qui grince sur le carrelage et s’assoit en face d’elle.

-Maman, j’ai quelque chose à te dire.

-Ah.

C’est tout ce que la mère arrive à dire. Elle attend la suite…

-Voila, je suis amoureux.

Le souffle lui manque, elle peine à déglutir, ses jambes tremblent sous la table. Elle pense qu’elle est donc cette intruse qui veut me voler mon fils, la chair de ma chair, mon bébé, mon petit ?

Et puis elle se calme, elle l’aime ce grand couillon. Alors dans un effort suprême, elle articule hypocritement :

-C’est bien mon chéri, je suis très heureuse, il faudra nous présenter cette jeune fille un de ces jours , (ou jamais pense-t-elle !)

-Ben oui, elle vient tout à l’heure.

-Que dire ? Que faire ? Ça y est le plafond puis le ciel vont tomber sur sa tête, l’angoisse lui serre la poitrine.

-Euh, ah, oh, mais, que, je, quoi… Et elle déglutit ce qui lui reste de salive. Le petit est amoureux, elle n’a pas le choix, elle ne souhaite que son bonheur …Mais  nom d’un petit bonhomme ça lui  fait mal aux tripes ! Tout à l’heure quand elle sera seule elle ira au fond du jardin crier un bon coup ça lui décoincera le larynx et lui remettra les idées en place,  elle espère !

..Le temps passe, l’intruse n’est plus une intruse. Elle est sympathique et jolie , maman l’aime bien et c’est réciproque. Le fils bien-aimé est aux anges, les deux femmes de sa vie s’entendent bien, souvent il les entend rire ensemble.

Un jour, alors qu’allongée sur son canapé, la mère apaisée regarde la télé, une boite de chocolats sur le ventre et savoure sa nouvelle vie de femme libre…les tourtereaux arrivent, main dans la main. Ils ont l’air tellement heureux et sont si beaux que maman sent sa gorge se serrer.

Ils s’assoient chacun d’un côté , ils l’encadrent . Elle ne comprend pas ce qu’ils veulent …Ils se regardent, sourient et se mettent à chanter :

-Grand -mère sait faire un bon café, grand-mère sait faire un bon café…

D’abord, elle ne comprend pas. Ils veulent du café, elle va en faire .

Et puis ils insistent en lui prenant la main . Et là, elle réalise.

-Mais alors, je, je, je, je vais..

-Bien oui mamie !

La boucle est bouclée ! Ah vous d’en profiter mes chéris. C’est fini les grasses matinées, le temps qui passe sans regarder sa montre, la liberté…Mais à vous aussi le grand bonheur d’être des parents.

Mon temps est venu de changer de statut, mais celui-ci je l’aime aussi. Il me va à ravir.

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COMME LA VIE EST CRUELLE !

Oh ma beauté ! mon amour ! mon chéri ! Tu es le plus beau bébé du monde , dit la maman fière de son rejeton. Il  me ressemble quand j’étais petit dit le grand-père fier de sa descendance. Il ressemble plutôt à son papa dit belle-maman. Cousin Gustave trouve qu’il  est déjà costaud, comme lui, ce sera un sportif déclare-t-il… et patati et patata…Pendant ce temps, la merveille dort dans son berceau et s’en moque complètement.

Cette merveille va voguer sereinement, pendant quelques années sur un calme fleuve tranquille. On s’extasie de tout : premiers sourires, joues barbouillées de yaourt , bouche pleine de purée de carottes que le trésor  vous crache dans la figure en rigolant, rots sonores et baveux, premiers pas et magnifique « caca-pot » que l’on applaudit avec allégresse !

En un mot, c’est le bonheur ! C’est après que ça se gâte…Les interdictions commencent à pleuvoir…Ecole, collège, lycée, sorties. Sur le charmant minois d’antan, poussent de petites choses rouges qui ressemblent à des groseilles en pleine éclosion.

La mère horrifiée constate en nettoyant la douche du chérubin (que celui-ci ne fait jamais) des poils ! Sacrebleu ! Des poils pense-t- elle en s’arrachant les cheveux d’angoisse. Son bébé d’amour n’est plus un bébé , mais toujours son amour.

Le petit bougre a grandi et en plus il s’exprime. Il a des opinions , de préférence pas les mêmes que papa et maman! La galère commence et continue lorsque maman en faisant le lit du chérubin (que celui-ci ne fait jamais bien sûr !)  découvre quelques taches blanches dans les draps …Un instant elle pense  : Aurait -il manger un yaourt au lit ? …Et puis, la vérité lui apparaît …crue et terrible ! Ses jambes se dérobent sous son corps  fatigué. Dans la chambre en désordre (que l’ex- bébé d’amour, évidement,  ne range jamais) , elle s’assoit sur la chaise bancale du bureau  et réalise que son tout petit peut désormais procréer et le choc est terrible !

Elle quitte, en titubant,  la chambre du traître grandi trop vite et dans le salon se regarde dans la glace, des rides chiffonnent son visage..Elle murmure d’une voix tremblante : Moi, grand mère un jour…impossible !

A n’en pas douter, la vie est bien cruelle !

AVEC DE TELS YEUX !

Avec eux , on fait tout ce qu’on ne voudrait pas faire…On croise leur regard , et ça y est  la lumière est là, elle s’infiltre en nous et nous hypnotise.

« Mamie, mamie,’  je cours, je vole..Les grands-parents c’est comme ça ! De temps en temps, on tente un petit « non faut pas ». Et finalement, on change d’avis pour faire plaisir.

On mange au Mac Do des steaks hachés que l’on n’aime pas et des frites qui restent coincées sur l’estomac toute la journée .On marche à quatre pattes en oubliant que ses articulations craquent et que pour se relever , il faudrait envisager une grue. On a les velléités de superman  mais pas la stature. On raconte des histoires et dans les châteaux de cartes que l’on construit ensemble , le Prince charmant , le Chaperon Rouge et la fée Clochette viennent nous rendre visite. Alors, on s’abreuve de leur rire qui se faufile en nous comme une cascade d’eau claire.

Au square, on court d’un toboggan à l’autre, puis à la balançoire, puis au filet en liane qu’ils veulent escalader. Lorsque vient enfin l’heure de rentrer, on rêve de son canapé, de tranquillité et de silence .

Pourtant, si dans la rue, quelques passants attendris s’arrêtent devant nous et prononcent ces mots magiques : « Qu’est ce qu’il est beau cet enfant, vous avez vu  ces yeux ?..Tout d’un coup, la fatigue s’estompe, on bombe le torse, la fierté nous étouffe et triomphalement on s’accorde un sourire niais au coin des lèvres.

Cette lumière là est bien mieux que que tous les remèdes qui aident à vieillir. Etre grands-parents , c’est se gorger de leur ensoleillement, de leur rire, c’est une cure de Jouvence, un bonheur permanent.

Avec de tels yeux, à n’en pas douter, on peut vivre cent ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ŒUF EN PLASTIQUE.

De drôles d’idées flottent parfois dans ma tête et je ne sais pas pourquoi. Le soleil fait miroiter la Seine ce jour de Mai. Je chantonne un air à la mode, sans aucun état d’âme, en flânant , le cœur léger, dans notre belle capitale. Alors que je passe devant, mon regard s’arrête sur ce noble bâtiment : « Assemblée Nationale », oratoire de nos élus bien aimés (ou pas …) Sans trop savoir pourquoi, curiosité, sans doute, j’ai envie d’entrer, c’est ce que je fais.

Dès que je pousse la grande porte de ce lieu sacré, je comprends que les différents partis ont déterré la hache de guerre et s’apostrophent avec véhémence. Ces grands hommes et femmes sont tellement occupés à débattre sur l’avenir de notre beau pays, que personne ne me remarque.

En femme prévoyante, afin d’être à l’abri de quelques éventuels postillons, je sors mon œuf en plastique transparent, grandeur humaine, dont je me sépare jamais. Je le gonfle puis me vrille et me contorsionne à l’intérieur.

De ce fait, confortablement installée (ou presque) il m’est facile de mon abri semi acoustique, d’entendre et d’essayer de comprendre l’intelligence aiguisée de nos dirigeant(e)s.

Ignorant combien de temps va durer ce débat et ayant prévu d’éventuelles prolongations, je me suis munie d’un stock de petits cakes aux raisins de Corinthe ,dont je raffole.  Passionnée par les propos que j’entends et étonnée par les qualités dialectiques de ces grands hommes,  je ne vois pas le temps passer et grignote consciencieusement mes gâteaux anglais dont les miettes commencent à envahir le fond de mon habitacle.

C’est à ce moment -là, que sortant de je ne sais où, un inconnu entre dans la place et me remarque.

-Qu’est-ce cette chose ? demande -t-il en montrant du doigt mon œuf et moi.

Je me ratatine, je ne sais que faire, je voudrais disparaître.

Ce freluquet de petit homme, malgré mon regard suppliant et mon air affolé, sort de sa cravate jaune à petits pois rouges, la ravissante épingle dorée qui la décore et pique violemment mon œuf qui se dégonfle piteusement autour de moi.

La salle s’est tue, je suis démasquée, on me regarde.

Hélas pour cette belle assemblée, la tension est tombée, le charme est rompu. Épuisés, les grands hommes et femmes , les uns après les autres , s’effondrent sur leur pupitre rutilant , dormant déjà après un tel effort intellectuel.

Alors, parce que je suis compatissante, je glisse à côté de chacun un cake qu’ils auront plaisir à déguster à leur réveil, puis doucement, sur la pointe des pieds, afin de ne réveiller personne, je quitte la salle et rejoint la rue et ma vie de bonne citoyenne.

ON A VOLE LA TÊTE DE VEAU !

Ce matin-là, jour de marché, les clients ne se bousculent pas dans la charcuterie de Rosine. Comme elle a un peu de temps, elle s’applique à installer , bien en vue dans la vitrine une superbe tête de veau, arrangée avec beaucoup d’amour et de gout.

Il est vrai que cette tête de veau possède des traits d’une extrême finesse. Sa peau, d’un blanc laiteux a la transparence de la soie et la douceur d’un duvet de  plumes.  Ses paupières fermées se prolongent par des cils épais d’une étonnante longueur. Quelques brins de persil savamment disposés dans les narines et les oreilles ajoutent un charme fou à son élégance naturelle.

Heureuse d’avoir terminé, Rosine contemple son oeuvre, lorsque le téléphone sonne dans l’arrière-boutique. Elle court répondre.

Pendant que madame Vidal, une fidèle cliente, lui commande pour samedi trois douzaine d’escargots, Rosine entend le « ding,ding,dong » de la sonnette retentir, suivi quelques secondes pus tard, du même bruit : « Encore un qui ne sait pas ce qu’il veut », pense -t-elle en revenant dans le magasin.

C’est alors, qu’elle pousse un cri d’horreur et de désespoir , la vitrine est vide ! : « ON A VOLE LA TÊTE DE VEAU « !

Rosine sent ses jambes mollir sous son poids et elle s’effondre en sanglotant sur une chaise. C’est à ce moment là, qu’elle se rend compte en effleurant son cou, que le médaillon doré en forme de cœur renfermant sa photo a disparu! Décidément,  ce jour est maudit et elle se met à sangloter de pus belle, la tête enfouie dans ses mains tremblantes.

Pendant ce temps, Charles-Hubert, promène son désœuvrement dans les rues du petit village. Casqué et moulé dans une combinaison de cuir noir, il fait pétarader sa superbe Suzuki rouge.  Charles-Hubert aime la vitesse et adore pousser à l’extrême sa rutilante moto. Il est vicomte , mais sa famille n’a gardé de ce passé glorieux qu’un vieux château au toit percé ainsi qu’une particule , souvenir prestigieux d’une époque révolue, où à force de s’user, ce sang noble n’est désormais que bleuté.

« Charles-Hubert de Sainfrusquin » est un jeune homme de bonne famille, cependant , n’en déplaise à ses ancêtres, cet aristocrate mène une vie dissolue. Il raffole des nuits torrides , imbibées d’alcool ,où l’herbe qui y pousse n’est ni fraîche , ni verte. En contrepartie,  le jour, il dort , dans son lit aux baldaquins mités et poussiéreux, sous le regard toujours réprobateur de ses ancêtres déçus.

Ainsi, ce chevalier des temps modernes, ce jour là emprunte,  poussé par son destin la rue où se trouve la charcuterie de Rosine.

Peut on parler de coup de foudre, lorsqu’il s’agit d’une tête de veau ?C’est néanmoins ce qu’éprouve Charles -Hubert  lorsque son regard  rencontre celui de la bête à la peau lisse et blanche.

Il ne prend pas le temps de réfléchir, il sait déjà que cette magnifique tête de veau doit être sienne. La voie est libre, il rentre et vole le précieux trésor qu’il installe avec précaution sur son porte bagage et démarre en trombe.

Le jeune homme gare sa moto devant la porte de l’office et, son butin sous le bras, il s’enferme dans sa chambre.C’est au moment, où il l’ installe sur un coussin brodé qu’il pose religieusement sur sa commode Louis XVI, qu’il remarque dans l’oreille droite de l’animal quelque chose qui brille. C’est un médaillon en forme de cœur qu’il s’empresse d’ouvrir.

Comment exprimer cet étrange sentiment qui l’envahit tout d’un coup? Cette petite blonde aux yeux si clairs et à la bouche en bouton de rose, blottie au creux de sa main est, il en est sûr, la femme de sa vie.Désormais, il n’a plus qu’une envie retourner à la charcuterie et déclarer sa flamme à son aimée.

C’est superbe, conquérant et sexy, moulé dans sa combinaison qui cuir qui met ses attributs virils en valeur que Charles- Hubert de Sainfrusquin, rentre dans la charcuterie de sa belle.

La raison ne pèse rien devant l’appel du cœur. Un seul regard a suffi. Ils se sont reconnus.Leurs bouches se fondent en un baiser ardent, tandis que leurs corps , dans leur précipitation à ne faire plus qu’un , font basculer malencontreusement un superbe plat de tomates farcies sur le carrelage blanc de la charcuterie.

Ils se marièrent très vite, leur amour brûlant, faisant déjà pousser un futur petit charcutier dans le ventre de l’aimée.

Ce fut une fête superbe , mêlant crinolines et modeste quidam, particules, ballons de rouge et cochonnailles.

Quant à la tête de veau, elle trône, désormais empaillée sur la cheminée de leur chambre, sous un globe de verre, ciselé d’or.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE RÊVE D’ICARE.

La chaleur est déjà là. Angèle s’étire dans son lit et se réveille doucement. Sa décision est prise, rien ne lui fera changer d’avis.

Elle jette un coup d’œil à son réveil sur la table de nuit. Il est 6h, le moment est venu, elle se lève et s’habille rapidement. Angèle ouvre la porte vitrée de sa chambre et se glisse dans le jardin. Le monde est encore endormi. Des parfums délicats émanent des massifs de fleurs, ceux de la menthe et du thym frais lui tournent un peu la tête.

Elle referme doucement la barrière de sa maison et s’aventure dans les rues du village. Ses pas la conduisent jusqu’à l’église  dont elle pousse la lourde porte en bois qui s’ouvre en grinçant un peu.

Filtrant des vitraux , quelques taches de couleurs auréolent la pénombre et la fraîcheur la fait frissonner. Tout de suite, elle tourne à gauche et emprunte le petit escalier en colimaçon qui monte dans le clocher. Le panorama est magnifique , l’aube s’évade de l’horizon et embrase le ciel de zébrures dorées. Elle caresse machinalement quelques fragments de mousse poussés entre les pierres du muret  qui protège du vide et monte  sur celui-ci. Le bleu du ciel l’hypnotise , elle étend les bras à l’horizontal comme deux ailes et saute…

L’air s’engouffre dans dans sa bouche, ses oreilles, ses poumons, lui coupe le souffle et lui serre la poitrine comme un étau. Subitement elle a peur , elle ne veut pas mourir, elle veut juste voler.

Le massif d’hortensias dans le jardin du curé, se rapproche de plus en plus, elle va s’écraser dans les fleurs !

Angèle n’en revient pas, subitement ses bras se stabilisent et son corps , sagement, se place verticalement. Elle flotte entre ciel et terre, elle bouge,  monte, descend. Elle est libre et vole ! Elle se grise, se roule dans les nuages mousseux.  Elle est devenue « oiseau », c’est ce qu’elle voulait.

 Angèle prend de la hauteur, elle monte  de plus en plus haut, hypnotisée par le bleu du ciel , ivre d’air pur, elle vole ainsi des heures , sans se soucier de rien . Elle ne sent aucune fatigue, ne pense plus. Angèle est bien , débarrassée de tout.

Elle le voit d’abord comme un gros bouton de mimosa, accroché dans l’azur. L’atmosphère qu’elle traverse se fait plus tiède , puis plus chaud. Au début, elle trouve cela plutôt agréable, mais la chaleur augmente  et elle ne trouve plus cela drôle.

Elle ne peut plus détacher son regard de ce point jaune qui l’attire , elle vole de plus en plus vite et ne peut pas s’arrêter.

Ses yeux commencent à piquer , maintenant, elle voudrait faire demi-tour, mais elle ne peut pas…Angèle est attirée, aspirée comme par un aimant. Elle ne peut pas lutter.

L’énorme bouton d’or occulte presque tout le ciel…

Elle a chaud, trop chaud, elle a peur, elle ne voit plus de bleu, rien que du jaune.

Alors, elle hurle:

-Je brûle, ma tête, j’ai mal !

ARRÊTEZ, JE VAIS M’ÉCR…

  

LES PETITS BONHEURS.

« Aimer » Quel beau verbe universel ! L’amour , tout le monde le connait d’une façon plus ou moins assidu . Ce sentiment ne nous est pas inconnu, il fait partie de nos gènes. On aime un homme, une femme, un enfant, un(e) ami(e), son chien, son chat..Mais aussi la bonne chère, le rosé bien frais etc… Parce que  cela flatte les papilles.

Cependant, je me suis souvent demandée si le sentiment qui  nous attache à sa maison, son jardin, son pays, sa région pouvait être aussi fort. Bien sûr, il n’y a pas de choix à faire, il est déjà fait. Un être humain est plus précieux que la terre, il y a un degré de performance dans les sentiments, je ne peux et ne veux l’ignorer, le bon sens est là pour l’approuver. Mais pourtant…

J’avoue, je suis « tombée en amour » pour ma maison, mon jardin , il y a plus de 40 ans. Elle est remplie de souvenirs, des bons, des mauvais, mais ce sont les miens. Elle n’est pas spécialement grande, ni spécialement belle, mais elle vit, elle a une âme… Elle a vu grandir mes enfants, maintenant, elle voit mes petits-enfants s’épanouir et j’aime lorsqu’elle se remplit de leurs rires.

Je ne peux envisager de la quitter un jour , même dans mes pires cauchemars, ou alors ce sera les pieds devant, le plus tard possible.

Quant à mon jardin, lorsque le printemps ouvre les corolles des premières fleurs, Quel délice ! Les douceurs printanières me comblent de joie, alors,  j’écoute pousser mes fleurs et éclore mon petit paradis de verdure.

On m’a souvent dit que j’étais d’une sensiblerie primaire, qu’importe ! Certains, je sais, me comprennent.

Il est bon un jour de jeter l’ancre et de s’abreuver de tous ces petits bonheurs qui jonchent notre chemin.